Fin de l'étude de faisabilité relative à l'implantation de pigeonniers
Aigle de Bonelli (Regard du Vivant)
Agir sur la détectabilité et l'abondance des proies de l'Aigle de Bonelli, tel est l'un des objectifs du LIFE Terra Musiva. En effet, les études montrent que l’abondance des proies peut être à l’origine d’une perte de productivité et/ou d’une non-installation des rapaces. D'autre part, une meilleure disponibilité alimentaire sur des sites restreints pourrait permettre de réduire le domaine vital des individus, réduisant ce faisant les risques de mortalité directe : électrocutions, collisions, voire tirs. 
Inspiré par le LIFE Rupis, LIFE Terra Musiva prévoyait de créer et/ou restaurer des pigeonniers

Inspiré par l’association Palombar qui gère près de 90 pigeonniers restaurés dans la vallée du Douro (Portugal) dans le cadre du LIFE Rupis, LIFE Terra Musiva prévoit de créer et/ou restaurer des pigeonniers sur la ZPS des Garrigues de Lussan. Pour ce faire, le Syndicat mixte a lancé une étude, comportant trois phases :
  • Une étude d'opportunité visant à évaluer la pertinence d'une action sur les pigeons au profit de l'Aigle de Bonelli.

    Le régime alimentaire de l’Aigle de Bonelli est composé de 3 proies principales : le lapin de garenne, la perdrix rouge et le pigeon, avec des variations locales. En région méditerranéenne française, le patron est plus diversifié. Sur notre territoire, les hérons représentent par exemple une proie importante pour le rapace.

    Les pigeons sont activement chassés et consommés par l’Aigle de Bonelli. Cependant, il semble bien que cette proie ne soit pas optimale en termes de cout-bénéfice. L’augmentation de la disponibilité en pigeons serait en revanche pertinente comme une étape transitoire avant la restauration (naturelle ou via l’action de l’Homme) des populations de lapins de garenne (à long terme, l'efficacité des opérations de repeuplement étant aléatoire à cause des maladies (RHD) et nécessitant l'arrêt des activités de chasse) et/ou de perdrix rouges (à moyen termes, l'espèce réagissant rapidement à la restauration d'habitats et à la réduction voire l'arrêt de la pression cynégétique).
  • Une étude de faisabilité visant à déterminer les conditions d’introduction d’une espèce de colombidés pour assurer la viabilité de la population.

    Cette phase a permis, sur la base des connaissances écologiques relatives au pigeon féral, de définir des sites potentiels pour l’implantation de pigeonnier, de sélectionner le type de pigeonnier idéal (fixe, mobile, etc.) et d'établir des lignes directrices pour l’implantation et la gestion des populations de pigeons dans les pigeonniers.

  • Une étude relative aux modalités de pérennisation et de valorisation économique du pigeonnier

    Cette phase montre qu'une activité économique de production de volaille de chair ne peut être associée à l'action de conservation au regard des contraintes techniques et économiques. Ainsi, la création d'une activité économique est écartée au profit d'une gestion partagée du pigeonnier.

Deux pigeonniers mobiles seront ainsi construits par le SMGG afin de mener à bien cette expérimentation. Des suivis réalisés à l'aide de balises GPS visant à identifier les espèces prédatées par les rapaces permettront de mesurer l'efficacité des aménagements.
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